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ELKE DE RIJCKE (1965) est écrivain, traductrice de poésie, performeur, micro-curatrice et professeur d’art & de littérature aux ESA Saint-Luc et à l’erg (Bruxelles). 

♣ Depuis quelques années, je développe des méthodologies de création poétique qui dépassent le seul domaine de la poésie. Vitale, expérimentale, instigatrice et résidu de la vie, ma poésie se veut cognition, savoir hybride et précis composant des alliances avec les sciences (biologie, neurosciences, génétique, astrophysique, cosmologie, astrologie et botanique), les arts (cinéma, peinture, sculpture, musique, littérature), la philosophie et l’actualité politique.

La poésie comme pensée et pratique artistique est du slow art. Mes projets poétiques se développent comme de véritables projets de recherche qui s’étendent le plus souvent sur plusieurs années avant d’aboutir à un livre. Mes livres mettent en récit des formes d’auscultation de métamorphoses amenées par les multiples expériences de la vie. Ils s’engagent dans une cosmogonie poétique où le minéral, l’aquatique, l’aérien, le végétal, l’animal et l’humain sont liés, et explorent les frontières entre individualité et transindividualité.

Ma parole poétique est résistance idéologique et tentative d’homéostasie. Son but n’est pas seulement d’écouter et de diagnostiquer, mais aussi d’ouvrir une voix/voie transformatrice vers une pensée, un sentir et une pratique d’un mieux-être à travers l’imaginaire de la phrase sculptée. Durement tendre et tendrement dure, la phrase poétique doit placer la barre haut pour ouvrir ce passage.

Entre 2005-2013, ma recherche s’est matérialisée sous forme de quatre livres : troubles. 120 expériences (2005) ; gouttes !   lacets, pieds presque proliférants   sous soleil de poche (I & II) (2006) ; Västerås (2012) et Quarantaine (2014)J’y ai interrogé le désir dans le sens large du terme  : désir amoureux, sexuel, maternel, amical ; désir cognitif, artistique, poétique ; désir de gémellité, de mode de vie, d’action et d’inaction.

Entre 2014-2019, ma recherche poétique a tourné autour de l’émergence des émotions et comment celles-ci créent de l’esprit.  Nourrie par les dernières avancées en neurosciences, mon travail s’est articulé à partir de The Flux and the Puddle (2014), une sculpture de David Altmejd. Il a mené à juin sur avril, dont le premier chapitre est sorti en édition bilingue bibliophile (français-néerlandais) aux éds. druksel. La publication du livre integral intitulé juin sur avril, est prévue pour le printemps 2021.

Mon nouveau projet de recherche poétique (2019- ) est intitulé Paradisiaca et a choisi comme lieu d’ancrage le Lac de Constance/Bodensee et ses environs, une des plus belles régions d’Europe. A l’encontre d’une actualité dominée par la crise, la catastrophe et les visions apocalyptiques sur l’avenir de la terre, j’ai décidé de me concentrer sur ce qui nous reste comme coins de paradis, sur leurs modes de maintien et leur gestion de survie. Le livre en construction fera de multiples incursions dans les particularités de la région, extrêmement riche en patrimoine naturel, artistique, culturel et religieux. Celui-ci sera exploré de manière synchronique et diachronique, dans un chassé-croisé entre présent et passé. Y interviendront également activement plusieurs oeuvres artistiques qui co-détermineront le corps et la langue du livre, telles que l’oeuvre tardive de Monet, quelques peintures de Leonardo da Vinci, des sculptures d’Enrico David, l’aquarelliste et dessinateur bavarois Max Joseph Wagenbauer, une étude de la cartographie du lac et de l’horlogerie, une réflexion philosophique sur le temps. La forme du livre sera hybride, entre poésie, essai et documentation.

À part mes projets individuels, je suis engagée dans plusieurs projets collaboratifs, dont le Brussels Poetry Collective et le comité de rédaction de la revue L’Etrangère, tout comme dans des collaborations interdisciplinaires et d’extensions de livres avec plusieurs artistes, dont la compositrice finlandaise Maija Hyninnen, le compositeur Franck Yeznikian, le cinéaste d’animation Alexander Schellow…

♣ En tant que traductrice, j’ai traduit du néerlandais et postfacé Du perdant & de la source lumineuse du poète hollandais Kees Ouwens (La Lettre Volée, Coll. Poiésis, déc 2016, 96p.)  Il s’agit de la première traduction d’un recueil d’Ouwens en français. Une nouvelle traduction de la poésie de Kees Ouwens est en cours.

♣ En tant que micro-curatrice, j’organise depuis 2018 en collaboration avec Alexander Schellow Physical Poetics. Physical Poetics une plateforme artistique interdisciplinaire qui propose des soirées-expériences avec plusieurs intervenants. Jusqu’à présent, nous avons organisé 4 Physical Poetics. Physical Poetics #5 est en préparation et est programmé pour le 15 décembre 2020.

♣https://www.poetryinternational.org/pi/poet/26861/Elke-de-Rijcke/en/nocache

 


Elke de Rijcke 
121, avenue Kersbeek – B-1190 Bruxelles 
elke.derijcke@gmail.com